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Bayerische Staatsoper saison 2015-16

"Vermessen", l’esprit aventureux de Munich

25 mars 2015 : Le temps d’une conférence de presse présentant sept nouvelles productions, le Bayerische Staatsoper confirme que la qualité musicale et l’esprit aventureux ne connaissent pas d’éclipse à Munich.
Nikolaus Bachler, son surintendant, et Kirill Petrenko, son directeur musical exposent la ligne de force de la saison 2015-16 centrée sur "Vermessen", "tout ce qui nous obsède pour les nouvelles productions" explique le surintendant. On peut traduire ce mot allemand en termes techniques comme "étudier, inspecter, explorer" mais aussi avec le qualificatif "présomptueux", une démarche artistique où se mêlent ambition et confiance affirmées avec obstination. Tout ce qui fait de l’Opéra de Bavière l’un des meilleurs opéras du monde, créatif et stimulant. 

Faust de Gounod à l'Opéra de Paris

Faust et usage de Faust


Faust ©Vincent Pontet /Opéra de Paris 2015
8 mars 2015 : Faust, l’homme revenu de tout et à la recherche de sensations nouvelles, revient à l’Opéra de Paris. 
Le rideau s’ouvre sur la 2663e représentation parisienne de l’ouvrage emblématique de Charles Gounod, l’opéra français par excellence, le plus joué et le plus transformé. Et parfois le plus éparpillé, comme la vision de Jean-Louis Martinoty en 2011, monumentale et fourmillante de détails distrayants qui recueillit quelques ironies médiatiques.
Jean-Romain Vesperini en conserve les odeurs de bibliothèque, de bar-cabaret, d’arbre et la proximité de l’au-delà avec un cercueil qui s’enflamme. Il propose une relecture du mythe entre réalisme et fantastique, comme si l’opéra était la dernière hallucination de Faust sous l’effet d’une substance. Les lumières de François Thouret créent une atmosphère à la fois sombre et onirique non dénuée de charme envoûtant. 
Mais ce qui rend ce spectacle somptueux, ce sont les voix. Piotr Beczala, Krassimira Stoyanova et Ildar Abdrazakov parent de brillance et d’irisation les mélodies du compositeur et les chœurs de l’Opéra de Paris donnent des frissons. Dans la fosse, Michel Plasson et son infatigable énergie à sublimer le répertoire français force l’admiration. Cette façon de façonner la force expressive de l’orchestre avec sensibilité et intelligence est un bonheur renouvelé.