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Les Puritains de Bellini à l'Opéra de Paris

L’amour en cage
8 décembre 2013 : Les Puritains, l’un des sommets du Bel Canto, reviennent à l’Opéra de Paris. Le génie mélodique de Bellini éclate dans cet ultime opéra composé peu de temps avant sa mort à l’âge de 34 ans. Ce bellinissime ouvrage n’avait pas été joué depuis son entrée au répertoire parisien en 1987 à l’Opéra-Comique. En 2012, une version de concert au Théâtre des Champs Elysées en 2012 avait permis de redécouvrir cette partition truffée de difficultés techniques surmontées avec brio par Olga Peretyatko. Le livret étant assez faible et improbable, Bellini exploite le romantisme de la situation dans un florilège de mélodies somptueuses. Ces magnifiques pages furent écrites sur mesure pour un quator de très grandes voix de l’époque. Les jeunes talents qui l’abordent ne doivent pas être trop frileux.
Le drame se joue dans le décor romanesque d’un château anglais du XVIIe siècle. Laurent Pelly appréhende l’espace scénique à travers les mouvements d’une caméra imaginaire et le rideau s’ouvre sur une structure métallique de château sur un plateau tournant, comme une image filaire en 3D conçue avec un logiciel de CAO - Conception Assistée par Ordinateur -. Le décor se réduit à cette immense cage "qui enferme le personnage dans un monde rigoureux et austère, historique et irréel" dit-il. Il ajoute "les costumes sont travaillés sur des lignes d’époque mais complètement épurées". Epure et transparence, un vrai coup de jeune dans la déco !

Eugène Onéguine au MET

L’âme russe mise à nu
 
Anna Netrebko (Tatiana) et Mariusz Kwiecien (Onéguine)
7 octobre 2013 : La saison du Metropolitan Opera de New York a ouvert sur une superbe nouvelle production d’Eugène Onéguine de Tchaïkovski. 
Une musique bouleversante, une distribution magnifique et une mise en scène ciselée pour cette grande tragédie romantique de la Russie à la fin du XIXe siècle, inspirée du roman de Pouchkine. 
Sous nos yeux, les destins s’entrelacent douloureusement, créant une tension dramatique immédiate. Car cette production enchante par la qualité du chant mais aussi par une direction d’acteurs rarement égalée. Totalement investis dans leurs personnages, Anna Netrebko, Mariusz Kwiecien et Piotr Beczala sont stupéfiants d’intensité et d’émotion.

Les tableaux d’une beauté absolue sortis d’une œuvre d’Anton Tchekhov s’enchaînent dans une admirable fluidité. Elégance des décors réalistes, lumières somptueuses et superbes costumes d’époque, la mise en scène de Deborah Warner captive par sa poésie et sa sensibilité. La direction musicale de Valery Gergiev introduit une dimension à la fois subtile et tourmentée. 

Londres de choc !

Photo Royal Opera House
Mai 2013 : Manifestement Londres sait reconnaître les grands ténors et les attirer au Royal Opera House et dans ses salles de concert. 

En 2 mois, Jonas Kaufmann et Juan Diego Flórez offrent aux Londoniens  19 occasions de les entendre :  13 soirées d’opéra, 3 concerts, 1 Masterclass et 2 remises  de récompenses par la profession dont  le « New King of tenors Award».

L’Opéra de Paris doit être leur triangle des Bermudes !  J’ai estimé qu’il leur faudrait 10 ans pour rattraper le retard, et encore. Depuis Werther en saison 2009-2010, Kaufmann n’a pas rechanté une seule fois à Bastille et Flórez seulement deux fois sur la même période. Le ciel lyrique de Paris est presque vidé des grandes voix, celles qui font le bonheur et le sel de mes voyages.