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L'Italienne à Alger au TCE

Lemieux au mieux de sa forme

11 juin 2014: Quatrième volet du Festival Rossini présenté au Théâtre des Champs-Elysées, L’Italienne à Alger est composé de pages brillantissimes qui requiert autant d’agilités vocales que de talents comiques. Présentée dans une version de concert, cette bouffonnerie déjantée permet aux interprètes de s’en donner à cœur joie, pour le plus grand plaisir d’un public hilare. A lui seul, le titre de l’ouvrage fait sourire mais c’est bien une belle aventurière qui a enflammé l’imagination du jeune Rossini de 21 ans. L’intrigue invraisemblable mêle corsaires, eunuques et turqueries, tout cela mené tambours battants autour d’une Italienne au tempérament bien trempé, Isabella.

Dans ce rôle haut en couleurs, la contralto québécoise Marie-Nicole Lemieux confirme son abattage inné. Elle est entourée de chanteurs rôdés aux techniques rossiniennes accolées à un certain talent pour la comédie et beaucoup de truculence. Tous réunis dans le bonheur de chanter cette partition écrite comme une mécanique d’horlogerie. Le talent de Rossini de souligner en musique l’aspect dérisoire et comique des situations est absolument fascinant.

Tancredi de Rossini au TCE

Ciofi, sublime Amenaide

Patrizia Ciofi & Marie-Nicole Lemieux, 
© Vincent Pontet Wikispectacle
23 mai 2014: Après Otello et Le Barbier de Séville, Tancredi est le troisième volet du Festival Rossini au Théâtre des Champs-Elysées. Chanter Rossini relève toujours de l’exploit, exigeant maîtrise technique, flexibilité vocale, légèreté et raffinement. Rossini signe ici deux magnifiques rôles de femmes soprano et contralto et les interprètes de ce mélodrame héroïque en sont le parfait révélateur. 
Patrizia Ciofi domine cette distribution et nous offre l’une de ses plus incandescentes compositions. Son Amenaide déchirée est une merveille de virtuosité, d’engagement scénique et d’émotion. 
Pour sa prise de rôle, Marie Nicole Lemieux réussit son incursion dans le genre seria et incarne un Tancrede éprouvé par le destin, à la fois jeune et touchant. Les accords de voix dont le compositeur joue à merveille sont sublimés par ces deux artistes. La direction de Enrique Menzola est superbe de finesse nous révélant pleinement cette écriture orchestrale si réjouissante. La mise en scène sobre et froide est à l’opposé des couleurs rossiniennes.

Cet opéra contribua à la reconnaissance mondiale du jeune Rossini de 21 ans. En 1813, Tancredi est une révolution dans le genre opera seria. Le compositeur a déjà écrit neuf opéras bouffes et il va apporter au genre la vivacité qui le caractérise et soigner de courts récitatifs pour éloigner l’ennui. Il donne ainsi vie à des mélodies simples qui emportent tout et surtout l’adhésion du public.