10 mars 2016 : Les caméras étaient en place, l’artillerie Sony avait déjà son retro-planning de communication, il ne manquait plus que lui. Le pari était risqué: filmer le premier concert Puccini du plus allemand des ténors dans le temple italien de l’art lyrique. Mais je dois rendre les armes, ce concert filmé est un pur joyau, sur tous les plans: le premier rôle bien sûr, mais aussi les images de La Scala en fête, l’orchestre en état de grâce et Puccini !
Modèle d’ardeur dramatique, Jonas Kaufmann est, dans la seconde, au plus juste de l’instant de vie de son personnage, de son émotion, oubliant le public, la technique et lui-même. Concentré, relié, humain et authentique, tout est immédiatement perceptible par le spectateur, et le bouleverse. Dans la voix et dans le regard, il a ce feu sombre et toute la douceur du monde.
Ce concert est aussi emblématique de chaque apparition du ténor vécue par ceux qui le suivent: ce n’est pas seulement la pure beauté d’un timbre qui fascine, mais le génie de l’interprète.
Après deux airs rares du Villi et d’Edgar, la température grimpe d’un cran avec le romanesque passionné de Des Grieux. Vient l’émouvante confession de la vie misérable de Dick Johnson, la tendresse nostalgique des derniers instants de Cavadarossi pour enfin se consumer en Calaf dans l’extase de son premier Nessun Dorma. Et les désormais célèbres 40 mn de rappels et d’ovations. C’est le seul ténor actuel à avoir accéder à ce graal à Milan…avec Juan Diego Flórez quelques jours plus tard.








