Werther de Massenet au TCE

Le grand soir d'une nouveau Werther


10 avril 2016 : Magnifique Werther qui a ému et enflammé le public du Théâtre des Champs-Elysées.
C’est au public parisien que Juan Diego Flórez et Joyce DiDonato ont réservé leurs prises de rôle dans Werther, l’une des partitions les plus poignantes du répertoire.
Soirée merveilleuse de (re)découverte de deux illustres interprètes embrassant un nouveau territoire avec leurs talents respectifs. Une version de concert, sans le masque d’une production ni l’apparat d’un costume, à nu et dans l’insolente beauté de leurs voix.
Aussi prêts qu’on pouvait l’être, ils pouvaient se permettre de se livrer à une audience attentive, voire circonspecte, de s’oublier, ensemble.
Je l’avoue, ils n’ont pas eu à me convaincre. Inconditionnelle, j’étais impatiente d’entendre cette musique de l’âme de Massenet ainsi livrée à deux interprètes en parfaite communion d’intention. Celle de chanter les opéras de leur maturité vocale, de se confronter à un autre répertoire. Plaisir intense !

Théâtre des Champs-Elysées en 2016-17

Paris fait de la consistance

5 avril 2016 : Encore une année avec les plus belles voix du monde réunies avenue Montaigne. Une saison sous le signe de la diversité mêlant les genres, les répertoires et les générations d’artistes. Dans un paysage musical parisien en mouvement, "l’histoire du lieu perdure" précise Michel Franck, son Directeur musical reconduit dans ses fonctions jusqu’en 2020. 
La saison est d’une grande richesse sans que les prix s’envolent ! Mieux, ils restent inchangés, à l’exception de Norma dont les décors élimineront de nombreux fauteuils de la vente. Contrainte technique oblige.
Une saison 2015-16 tout en muscles pour le Théâtre des Champs-Elysées, avec 5 opéras en version scénique, 20 opéras en version de concert et de nombreux temps forts tout au long de la vingtaine de récitals de chant. Et des baguettes prestigieuses: Daniel Barenboim, Kirill Petrenko, Yannick Nézet-Séguin, Andris Nelsons, Christian Thielemann, Esa-Pekka Salonen, Daniel Hardig,...

La Forza del destino et Cav & Pag

Sorties DVD du mois

25 mars 2016: En découvrant ces deux spectacles en DVD, on imagine Verdi, Mascagni et Leoncavallo encore de ce monde et dans la salle…ils ne pourraient que jubiler ! Car Jonas Kaufmann, Anja Harteros et Ludovic Tézier permettent à n’en pas douter de retrouver la force première et la vérité intérieure de leurs créations. 
La Forza del destino de Verdi, la captation du Bayerische Staatsoper de décembre 2013 est parue le 11 mars dernier. En cette fin d’année consacrant le bicentenaire de Verdi, les mélomanes du monde entier avaient pu se réjouir de l’harmonie musicale de cette trinité soprano-ténor-baryton. Tous les interprètes sont pénétrés de ce feu verdien, signature de la vocalité généreuse de l’ouvrage.

Mon "Grand Prix de la Création" du mois va à Cavalleria Rusticana de Mascagni et Pagliacci de Leoncavallo, la captation du Festival de Pâques de Salzbourg 2015. 
Parée de louanges extatiques sur la double prise de rôle de Jonas Kaufmann et sur la mise en scène de Philipp Stölzl, cette magnifique production est disponible depuis le 18 mars. 

Saison 2016-17 au Bayerische Staatsoper


© Thibault Jouannic
14 mars 2016 : Place lyrique des plus vivantes, le Bayerische Staatsoper vient d’annoncer sa saison 2016-17, portée comme toujours, par son esprit aventureux en matière théâtrale et le lustre musical des grandes voix. C’est sur la scène du théâtre que Nikolaus Bachler, son surintendant, et Kirill Petrenko, son directeur musical l’ont présentée. A l’heure du brunch dominical sur Staatsoper.tv pour tous les mélomanes, pas seulement à la presse et aux abonnés.

De nombreux talents convoités sont à l’affiche des sept nouvelles productions. Jonas Kaufman et Anja Harteros réunis dans Andrea Chénier, l’opéra d’Umberto Giordano pour la première fois à Munich. L'ouvrage sera également donné en version concert au Théâtre des Champs-Elysées entre deux représentations. Joyce DiDonato incarnera sa première Semiramide et Elina Garanca sera Léonore, maitresse du Roi dans La Favorite
De multiples reprises, des rôles fétiches, les meilleurs chanteurs : Anna Netrebko, Diana Damrau, Nina Stemme, Kristine Opolais, Edita Gruberova, Sonya Yoncheva, Mariusz Kwiecien, Klaus Florian Vogt, Erwin Schrott, René Pape, Ildebrando D’Arcangelo, Gerad Finley, Ambrogio Maestri, Pavol Breslik, etc.
Et une bonne nouvelle audio : toutes les Premières seront retransmises en Live sur BR-Klassik. 

Une soirée à La Scala avec Jonas Kaufmann


10 mars 2016 : Les caméras étaient en place, l’artillerie Sony avait déjà son retro-planning de communication, il ne manquait plus que lui. Le pari était risqué: filmer le premier concert Puccini du plus allemand des ténors dans le temple italien de l’art lyrique. Mais je dois rendre les armes, ce concert filmé est un pur joyau, sur tous les plans: le premier rôle bien sûr, mais aussi les images de La Scala en fête, l’orchestre en état de grâce et Puccini !

Modèle d’ardeur dramatique, Jonas Kaufmann est, dans la seconde, au plus juste de l’instant de vie de son personnage, de son émotion, oubliant le public, la technique et lui-même. Concentré, relié, humain et authentique, tout est immédiatement perceptible par le spectateur, et le bouleverse. Dans la voix et dans le regard, il a ce feu sombre et toute la douceur du monde. 

Ce concert est aussi emblématique de chaque apparition du ténor vécue par ceux qui le suivent: ce n’est pas seulement la pure beauté d’un timbre qui fascine, mais le génie de l’interprète. 

Après deux airs rares du Villi et d’Edgar, la température grimpe d’un cran avec le romanesque passionné de Des Grieux. Vient l’émouvante confession de la vie misérable de Dick Johnson, la tendresse nostalgique des derniers instants de Cavadarossi pour enfin se consumer en Calaf dans l’extase de son premier Nessun Dorma. Et les désormais célèbres 40 mn de rappels et d’ovations. C’est le seul ténor actuel à avoir accéder à ce graal à Milan…avec Juan Diego Flórez quelques jours plus tard.

Roméo et Juliette de Gounod à Vienne

Tendres duos


Marina Rebeka, Juan Diego Florez 
© Wiener Staatsoper/ Michael Pöhn
29 février 2016 : Roméo et Juliette de Charles Gounod revient à l'Opéra de Vienne pour trois représentations dont la dernière sera diffusée en live streaming le 1er mars. 
Cette reprise de la production de Jürgen Flimm créée en 2001 avait beaucoup à offrir : Juan Diego Flórez pour son premier Roméo européen et les débuts viennois de Marika Rebeka dans le rôle de Juliette. Ils ont tous deux la juvénilité scénique qui convient l’universalité du mythe. 
Le ténor l’a chanté une première fois à Lima en 2014 et la soprano lettone à Vérone en 2013. Le couple lyrique se retrouve après Guillaume Tell au Festival Rossini de Pesaro la même année.
Ténor et soprano trouvent dans cet opéra deux des plus beaux rôles pour s’élever et se consumer dans un lyrisme éperdu. Charles Gounod a composé probablement la meilleure adaptation de la pièce de Shakespeare. Aucun opéra n’est aussi fidèle à la tragédie éponyme et le génie romantique du compositeur s’accomplit dans les nombreuses scènes d’amour. Les quatre duos d’amour charpentent les étapes de leur amour : le coup de foudre, l’épanouissement de la passion, le réveil d’une nuit d’étreintes et l’ultime sacrifice dans la mort. 
Des aigus rayonnants et de beaux moments d’opéra romantique : Juliette rêvant de mariage sur une lune jonchée de pétales rouges sur fond de nuit bleue étoilée, le réveil à la première nuit d’amour et le dernier duo où Roméo vacille et délire avant de rejoindre Juliette dans la mort.

Saison 2016-17 au Metropolitan Opera


18 février 2016 : Peter Gelb vient d'annoncer la nouvelle saison du Metropolitan Opera de New-York.
26 opéras dont 6 nouvelles productions composent cette nouvelle saison. Tristan et Isolde ouvrira la saison, suivi de Guillaume Tell, Roméo et Juliette, Rusalka et Le Chevalier à la Rose. Et, pour la première fois au Met, L'Amour de loin de Kaija Saariaho, compositrice finlandaise.

La saison propose 20 ouvrages de répertoire, de Mozart à Janacek, embellis de distributions de stars : Netrebko, Stemme, Damrau, Fleming, Garanca, Opolais, Yoncheva, Peretyatko, Pieczonka, Koch et Finley, Domingo, Alagna, Beczala, Alvarez, Grigolo, Hymel, Vogt, Abdrazakov. Une absence remarquée, celle de Jonas Kaufmann. Et Juan Diego Florez concède seulement un gala.

Les stars internationales du Met se réuniront en mai pour célébrer les 50 ans de l’institution au Lincoln Center. 
Ce sera la 40ème année au Met de son directeur musical James Levine (72 ans), qui dirigera des pièces majeures malgré ses problèmes de santé.
Les prix des billets restent inchangé, voire se réduit sous forme de billets "Rush" délivrés en dernière minute ou de "Vendredi pour les moins de 40 ans" à $60 ou $100.
"Live in HD" mettra en vedette 10 retransmissions à partir du 8 Octobre, ce sera la 11e année de diffusion et la 100e de la série avec Tristan et Isolde

Saison 2016-17 à l'Opéra de Paris

"L’Opéra n’attend que vous !"

10 février 2016 : "Il n’y a pas d’autre mur et barrière pour l’homme que le Ciel !", c’est la conviction de Stéphane Lissner qui a dévoilé ce matin la saison 2016-2017. 
"L’Opéra n’attend que vous !" s’affiche en exergue au programme de l'Opéra de Paris. Cette année, il présente 20 ouvrages lyriques dont 11 nouvelles productions alternant découvertes et grands standards lyriques.

Du vent dans les cheveux avec les grandes voix qui reviennent de nouveau en force sur la scène parisienne : Kaufmann, Netrebko, Garanca, Harteros, Pape, Terfel, Alagna, Mattei, Fagioli, Serafin, Abdrazakov, Antonenko, Jaho, Alvarez, Antonacci, etc. Ils partagent l’affiche avec la jeune génération talentueuse dont beaucoup de voix françaises. "C’est notre rôle de favoriser leur venue" précise Stéphane Lissner.

Werther de Massenet à l'Opéra Bastille

Eternel
Piotr Beczala et Elīna Garanča © Émilie Brouchon / OnP
2 février 2016 : Depuis le 20 janvier, Werther de Jules Massenet signé par le cinéaste Benoît Jacquot connaît un nouveau triomphe. Les héros ont changé, le couple Werther-Charlotte est incarné par deux des plus grandes voix actuelles : Piotr Beczala et Elina Garanča, tous deux ovationnés par un public conquis. 
Dignes ambassadeurs de ce répertoire, ils déploient les couleurs vocales qui conviennent idéalement à ce duo-phare de l'opéra romantique français du XIXe siècle. 

Je voue depuis toujours une adoration à cette musique sublime qui se coule dans les méandres d’un romantisme tendre et tourmenté. Une musique de l’âme qui s’insinue dans un flux orchestral d’une bouleversante efficacité dramatique. Rarement, une musique aura aussi bien traduit le mal d’amour porté à son paroxysme. 
Rendre crédible et intense cette histoire romanesque à une époque où la modernité et la relecture sont de bon ton, tel est le talent du metteur en scène qui manie avec élégance le lyrisme en demi-teintes d’un romantisme assumée. Ancrée dans le XVIIIe siècle, le cadre dépouillé sied au charme poétique des tableaux éclairés comme des peintures flamandes.