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La Flûte enchantée à Bastille

La poésie du théâtre de Robert Carsen

Au 1er rang: Pavol Breslik, Kate Royal, Sabine Devieilhe
et René Pape.
24 février 2017: Dans un monde enchanté s’affrontent les puissances obscures de la Reine de la Nuit et celles du Sage Sarastro, entouré de ses adeptes. À l’issue d’un parcours semé d’épreuves, le jeune prince Tamino accède à la vraie sagesse dévoilée aux initiés.
La Flûte enchantée de Mozart est un Singspiel, une espièglerie destinée à divertir un public populaire élevée au rang de conte initiatique par le génie de Mozart. 
Avec cette production créée à Baden-Baden en 2013, Robert Carsen nous invite à une relecture aussi attachante qu’esthétisante, oscillant entre ombre et lumière et dans l’omniprésence de la mort. 
Depuis un soir de 1791, Pamina et Tamino doivent affronter les épreuves pour accéder à la connaissance et l’amour. Aborder ces défis implique qu’ils risquent leur vie, n’ayant pour seules armes que leur amour et une flûte, la musique. "Grâce au pouvoir de la musique, nous marchons avec joie à travers la nuit sombre de la mort". 
L’amour et la musique pour accéder au plus noble sens de l’existence et être confrontés à la vie comme à la mort. Tout cela est très bien dit au fil de la production de Robert Carsen et c’est autour de la fosse d’orchestre que tous les protagonistes habillés de blanc viendront chanter la victoire des lumières sur les ténèbres. 

Roberto Devereux de Donizetti à Zürich

Voix d’outre-monde et aigus immortels


© Opernhaus Zürich
20 juillet 2014 : Lorsque Edita Gruberova entre sur la scène de l’Opernhaus de Zürich, on se réjouit d’avance de cette soirée au contact de l’un des derniers monstres sacrés de l’opéra. 
La soprano slovaque foule les plateaux depuis plus de 45 ans, triomphant à Munich, Vienne et Barcelone avec ce rôle fétiche d’Elisabeth 1ère d'Angleterre. Dès son entrée, l’artiste domine parfaitement ses moyens vocaux, se jouant de sa technique, trillant, pianissimant, tonitruant…et enflammant le public subjugué par son art.

Roberto Devereux est l’une des pièces maîtresses de son répertoire. Ce soir, Edita Gruberova vient encore de démontrer qu’elle est une Elisabeth hors d’atteinte à près de 68 ans. L’attaque sidérante de ses aigus, sa projection phénoménale et sa présence scénique font de chacune de ses apparitions un moment d’intensité incomparable. A ses côtés, son compatriote, le jeune ténor Pavol Breslik campe un Roberto Devereux pénétré ; son timbre séduisant et sa voix claire et lumineuse font des merveilles face à la diva. La séduction vocale et l’implication scénique de Veronica Simeoni en Sara et d’Alexey Markov, le duc de Nottingham, parachèvent l’enchantement de cette représentation.

Le Christ au Mont des Oliviers

Couronne d’olivier pour étoiles montantes

13 juin 2013 : Dans le cadre du Festival de musique de Saint-Denis, dans sa Basilique, le ténor Pavol Breslik et la soprano Julie Fuchs nous ont raconté avec sensibilité et intensité l'épisode biblique du Christ au Mont des Oliviers de Beethoven. 

Cet oratorio - où l’on sent poindre Fidelio le futur opéra de Beethoven- est très exigeant pour la voix et nécessite de grands solistes. 
Le récitatif de Jésus aux accents d’un Florestan meurtri a été magnifiquement interprété par Pavol Breslik.
Julie Fuchs a le timbre clair et une belle couleur d’aigus pour cet ouvrage comportant de nombreuses vocalises et un grand air de soprano. 
Le jeune et dynamique chef Jérémie Rhorer dirigeait le Cercle de l’Harmonie et l’ensemble vocal Vokalakademie de Berlin. Emporté par sa fougue, il en a lâché sa baguette quelques secondes...vite retrouvée à quelques mètres !