L'Heure espagnole et Gianni Schicchi à Bastille

Commedia dell’arte horlogère et complot burlesque à l’héritage

L’Heure espagnole. Nicolas Courjal, Philippe Talbot,
Clémentine Margaine, Stanislas de Barbeyrac et Thomas Dolié
19 juin 2018 : Pour Laurent Pelly, l’Opéra Bastille est un espace de création qui permet de révéler la modernité fantaisiste de ce alliance d’ouvrages. Un metteur en scène qui remet les horloges à l’heure en faisant acte de création apprécié chaleureusement de tous, cela devient rare !

L'Heure espagnole et Gianni Schicchi, deux opéras en un acte créés à 7 ans d’intervalle, l’un dans la jeunesse de Maurice Ravel et l’autre dans la maturité de Giacomo Puccini, deux univers musicaux réunis par la comédie. Deux distributions en or, deux mises en scène inspirées doublées d’une direction d’acteurs exemplaires et deux fois plus de bonheur léger. Direction au diapason du jeune chef Maxime Pascal.

Parsifal à l'Opéra de Paris

Parsifal © Emilie Brouchon / OnP
Wagner, Mattei et Jordan

22 mai 2018 : Après de lourds ennuis techniques l'ayant obligé d'annuler quatre représentations, l'Opéra de Paris présente enfin Parsifal de Richard Wagner
Une œuvre forte qui transporte dès les premières mesures, très peu d’œuvres ont ce privilège. C’est l’opéra de la compassion et de la rédemption universelle. Dès le prélude, Wagner créé un espace musical où le temps s’arrête, le son émerge de la fosse, immatériel, irréel, et l’émotion nous gagne. "Ici, le temps devient espace" chante Gurnemanz au I.


Cet univers envoûtant est déployé dans chaque pupitre, qualités admirables de l’Orchestre et du Chœur de l’Opéra de Paris sous les tempi lents et méditatifs de la direction de Philippe Jordan. "La musique est une nourriture émotionnelle qui synchronise les gens entre eux." dit-il. Comme souvent, ce chef cherche ce qui est grand, beau, sublime. Attentif et concentré, sa force tranquille s’efface derrière la musique, hors du temps, au plus près de l’âme et de l’intense spiritualité de l’ouvrage. Chef et musiciens nous laissent admiratifs du travail accompli gratifié d’une ovation des plus chaleureuses. 


Olga Peretyatko et Benjamin Bernheim à la Philharmonie

Concert enchantant

20 mai 2018 : Soirée charme et décibels qui a réuni la soprano russe Olga Peretyatko et le ténor français Benjamin Berheim à la Philharmonie de Paris.
Bonne humeur et plaisir de chanter partagés pour nous gratifier de quelques bijoux populaires de Bellini, Donizetti, Verdi et Gounod.

Olga Peretyatko est l’une des plus belles voix de soprano apparue ces dix dernières années. Ses moyens vocaux, sa virtuosité de belcantiste et sa beauté radieuse de diva la rendent irrésistible. 
D’entrée, elle aborde sportivement "Casta Diva", armée d’une puissance dramatique qu’elle étoffe d’année en année. Une sensibilité qui s’affine avec les rôles forts, révélant une Violetta infiniment touchante. Tour à tour Juliette, Linda, Lucia ou Gilda, pétulante ou grave, elle incarne tout avec une énergie formidable. Un entrain qui l’habite depuis la chorale d’enfants du Théâtre Mariinski de Saint-Petersbourg, sa ville natale, où elle croise son aînée Anna Netrebko. 

Lucrezia Borgia de Donizetti au Bayerische Staatsoper

Bel Canto Roi et Reine

Edita Gruberova, Juan Diego Flórez 
© Wilfried Hösl / BSO
5 mai 2018 : Lucrezia Borgia, une course folle aux billets pour cette reprise de la production de 2009 au Bayerische Staatsoper, motivée par la rencontre de la mère empoisonneuse et de son fils illégitime sous les traits d’Edita Gruberova et Juan Diego Flórez. Tous deux follement acclamés, Grubie pour sa longévité et son sang-froid dans les fureurs royales, le ténor pour son art du bel canto qu’il porte en lui poétiquement et intensément.

Après le concert de Salzbourg en août dernier, c’est sa première scénique dans le rôle de Gennaro : beauté radieuse d’un timbre enjôleur, agilité vivifiante et légato de miel. L’énergie à l’œuvre dans les aigus est toujours un régal, comme la perfection technique polie par les années et l’élégance du phrasé. La beauté de son "Partir deggio...T'amo qual" ouvrant l’acte II soulève la salle. Une merveille de chant et de sons purs ayant pour vertu d’adoucir dans l’instant tous les conflits de l’âme !
D’entrée, Edita Gruberova fascine par son timbre unique et l’impact d’une voix consistante capable d’autant de véhémences contrôlées et de suraigus emblématiques que de plaintes parmi les plus douces. Mais aussi, attachante prestation d’une artiste qui n’a pas cessé de démontrer l’impossible. A 71 ans, ce n’est pas la moindre des prouesses que de toujours s’investir et oser les rôles plus lourds plus d’un demi siècle après la Rosine de ses débuts. Certes, la voix s’émousse de quelques imperfections et mais l’altitude reste impressionnante.

Saison 2018-19 au Wiener Staatsoper

Chaque soir un opéra depuis 150 ans

Wiener Staatsoper de nuit © Axel Zeininger
22 avril 2018 : L'Opéra de Vienne fête ses 150 ans et met clairement l'accent sur les 19e, 20e et 21e siècles pour les 6 nouvelles productions de 2018-19
A l'affiche : Les Troyens de Berlioz, Die Weiden de Johannes Maria Staud sur un livret de Durs Grünbein, Orest de Manfred Trojahn, Lucia di Lammermoor de Donizetti et Otello de Verdi. 

Le point culminant de la saison sera La Femme sans ombre de Richard Strauss pour le 150ème anniversaire du Staatsoper le 25 mai 2019. L’opéra voyagera dans les théâtres lyriques de Vienne et d’Autriche.
Vincent Huguet, dernier assistant de Patrice Chereau, se voit confier la mise en scène. Une distribution de haut niveau regroupant Nina Stemme, Camilla Nylund, Evelyn Herlitzius, Stephen Gould et Wolfgang Koch. 

Luisa Miller de Verdi au Metropolitan Opera

Coup de coeur !

Plácido Domingo et Sonya Yoncheva ©Chris Lee / Met 

15 avril 2018 : Une belle soirée de retransmission d’opéra comme on les aime : le génie de Verdi, des voix de caractère, une tragédie déchirante sur l’amour paternel, un père et sa fille désarmés et désarmant dans un monde hostile, un opéra aux vertus authentiques, vocalement et musicalement.

Luisa Miller, opéra rarement joué, recèle de mélodies passionnées et d’admirables moments de lyrisme. Un 1er acte belcantiste avec ses airs bondissantes, un 2ème qui s’assombrit avec le plaidoyer de Luisa et le duo pour deux basses (Alexander Vonogradov et Dmitry Belosselskiy). Dans l’acte final digne d’un Otello avant l’heure, Verdi soigne les derniers duos père-fille et amants dans une explosion émotionnelle qui nous laisse totalement désarmés…et enchantés. 

Plácido Domingo, Sonya Yoncheva, Piotr Beczala, les voix ont régné en maître répondant aux exigences des rôles avec grâce et émotion, une première fois pour chacun.

Benvenuto Cellini de Berlioz à Bastille

Hauts les chœurs !

©Agathe Poupeney / OnP
5 avril 2018: Ce Benvenuto Cellini dans la version Terry Gilliam qui sillonne l’Europe depuis quelques années arrive enfin à l'Opéra de Paris. La mise en scène extravagante du très inventif cinéaste, ex-Monty Python iconoclaste, séduit et amuse. 

Une production pleine de fantaisie, de couleurs et de mouvements de scène sans que jamais on ne perde le fil de l’intrigue campée autour d’un Mardi Gras. Entre pluie de confettis déversés dès l’ouverture dans l’immensité de Bastille et paillettes multicolores qui se déposent sur nos vêtements en final, solistes, choristes, jongleurs et acrobates s’invitent dans cette folie théâtrale jubilatoire. 

Hector Berlioz s’inspire de la vie de cet orfèvre-sculpteur de la Renaissance pour composer son 1er opéra : le Florentin accéda à la renommée en dévoilant sa structure monumentale - Persée tenant la tête de Méduse – réalisée pour son Mécène de Médicis. Benvenuto Cellini fut un échec retentissant dès sa première représentation à l’Opéra de Paris en 1838, suivi d’une éclipse de cette scène jusqu’au début du XXème siècle.

Saison 2018-19 au Royal Opera House

Exciting season & All-star cast

3 avril 2018: Après Munich, Londres annonce la saison 2018-19. 
Le programme du Royal Opera House affiche cinq nouvelles productions et débutera en septembre par le Ring de Wagner dans la mise en scène de Keith Warner sous la direction d’Antonio Pappano.

"Un mélange irrésistible de très grands chanteurs internationaux et britanniques, de nouvelles productions passionnantes et de reprises du répertoire" selon Oliver Mears, son nouveau Directeur de 38 ans, le plus jeune de toute l’histoire de Covent Garden.

De belles distributions conviant biggest opera stars in the world : Plácido Domingo, Anna Netrebko, Jonas Kaufmann, Ludovic Tézier, Erwin Schrott, Diana Damrau, Ermonela Jaho, Michael Fabiano et Eva-Maria Westbroek.
Dernière reprise du Ring en quatre cycles complets avec son casting de Wagnériens: John Lundgren, Nina Stemme, Stuart Skelton, Emily Magee et Sarah Connolly.

Saison 2018-19 au Bayerische Staatsoper

200 ans sans éclipse

18 mars 2018 : A l’heure du brunch dominical, le Bayerische Staatsoper vient d’annoncer la saison 2018-19. Ce sont 8 nouvelles productions qui ont été présentées aux invités bavarois et sur Staastoper.TV par Nikolaus Bachler, Directeur Général, et Kirill Petrenko, Directeur musical.

Munich, place lyrique des plus vivantes où il fait bon aller entendre le lustre musical des grandes voix et découvrir son esprit aventureux en matière théâtrale. En 2018, le Bayerische Staatsoper célèbre un double anniversaire : le Nationaltheater a été construit il y a 200 ans et il y a 100 ans qu’il fut transféré par le Monarque à la jeune République de Bavière.
Objet de discussions régulières, aimé ou détesté, le BSO diffusera divers événements spéciaux et projets en cette année anniversaire, sous le titre Loved and hate