Exposition Mozart au Palais Garnier

"Je mets ensemble les notes qui s’aiment"

© Christophe Pelé / Opéra national de Paris
31 juillet 2017 : Pour ceux qui restent en ville cet été, allez voir (et entendre) cette remarquable exposition qui relate les relations particulières et passionnées qui liaient Mozart et la France: "Mozart, une passion française".

Car le compositeur le plus joué à l’Opéra Garnier a dû faire face au mépris et aux controverses de l’intelligentsia parisienne avant que son génie musical soit reconnu post mortem.

Pour exemple, dans ce temple du goût qu’est l’Opéra de Paris en 1805, un débat fait rage autour de Don Giovanni controversé car remanié pour sa création. Les adversaires du compositeur dénoncent le "tintamarre confus" de la musique allemande, et ses partisans qui, ne reconnaissant plus ses œuvres, crient au "vandalisme".

La Bibliothèque nationale de France et l’Opéra de Paris ont réuni plus de 140 pièces - certaines inédites - pour retracer les grande étapes de la reconnaissance du compositeur par le public français : manuscrits et dessins originaux, portraits d’artistes ayant croisé Mozart ou l’ayant interprété, maquettes de costumes et projets de décors pour ses opéras.
Présentation chronologique en trois actes de ces relations tumultueuses puis apaisées : les trois séjours de Mozart à Paris, l’adaptation de ses œuvres au goût français et sa consécration sur les scènes lyriques.

Les attraits de la rentrée

Coming soon…

24 juillet 2017 : Pour ceux qui n’ont plus besoin de rien pendant les vacances, quelques albums et autres attraits qui les attendent à la rentrée. 
Dans le sillage de Jonas Kaufmann, Juan Diego Flórez et Elina Garanca.

L’effet magique de "L’Opéra"
C'est le nouvel album de Jonas Kaufmann consacré à l’opéra français dont tout le monde parle déjà : Gounod, Berlioz, Massenet, Bizet mais aussi Offenbach (Contes d'Hoffmann), Meyerbeer (L‘Africaine), Halévy (La Juive), Thomas (Mignon) ou Lalo (Le Roi d’Ys). Parution à partir du 15 septembre.

Et Don Carlos, la version française et son casting 5 étoiles en octobre à Bastille.
Son récent Otello devrait paraître un jour de 2018 en DVD. Tout comme d’autres productions du Royal Opera House : Boris Godounov/Bryn Terfel, Norma/Sonya Yoncheva, Joseph Calleja), Lucia di Lammermoor/Diana Damrau, Ludovic Tézier, Les Contes d’Hoffmann/Vittorio Grigolo (Catalogue Unitel 2017)

Otello de Verdi au Royal Opera House

Le chant comme une œuvre d’art


Jonas Kaufmann - Otello
©Catherine Ashmore /ROH
27 juin 2017 : Le rôle des rôles, si exigeant qu’il convient de le mûrir et de le façonner musicalement. Jonas Kaufmann s’y prépare depuis longtemps et ce moment tant attendu fait le bonheur du public du Royal Opera House, et le mien en particulier.

Toute prise de rôle du ténor est une nouvelle expérience esthétique personnelle. Une fois de plus, l’esthète musicien m’a émue et fascinée. 
Sérénité, maîtrise et musicalité inégalée s’unissent pour offrir un Otello incomparable, au sens "déjà connu comparable".

Le chant comme une œuvre d’art. Son Otello tient sa beauté dans son interprétation en résonance avec les sentiments, les motivations et les cicatrices du personnage. Le chant viril, le timbre velours, la sensibilité, le pianissimo, les nuances en manifestent les détours.

Otello à Londres, prise de rôle de Jonas Kaufmann


14 juin 2017 : Le Royal Opera House présente une nouvelle production d’Otello de Verdi à partir du 21 juin. Les fans d'opéra du monde entier attendent avec impatience les débuts de Jonas Kaufmann dans le rôle-titre. Une chance que cette nouvelle production de Keith Werner soit relayée en direct en salles de cinéma le 28 juin prochain !


Dans cette tragédie passionnelle et sanglante, on retrouve les thèmes favoris de Verdi : la jalousie et la vengeance, la manipulation, la violence des contrastes avec la pureté de l’héroïne et la grandeur du héros. Un sens aigu du drame polarisé autour de moments d’action intenses, une musique d’une grande puissance expressive traduisant les pires travers de l’humanité, des arias superbes, Verdi laissant la primauté à la voix. 

Et quel rôle ! L’un des plus exigeants, d’une vocalité hors norme, dans lequel Jonas Kaufmann saura saisir le spectateur de l’emprise de sa voix, matière première de la souffrance et du désespoir dans ce contexte shakespearien. Au-delà de la musicalité du chanteur, c'est le supplément de vérité qui lui permet de nous toucher au cœur, avec cet investissement si profond dont il est capable.

Renée Fleming fait ses adieux à la scène


Le 13 mai dernier, Renée Fleming chantait ses adieux à la Maréchale sur la scène du Metropolitan Opera
Son dernier Chevalier à la Rose, une nouvelle production de Robert Carsen, et un public ému. 

Chère Renée Fleming
Même si vous faites savoir à tous les dévots à votre voix partout dans le monde que vous n’êtes pas prête pour la retraite, permettez-moi de me joindre au concert de soupirs pour votre dernière apparition dans un opéra. 
Dans cet opéra de Richard Strauss, la Maréchale est une femme belle que la maturité et la sagesse empêchent de s’illusionner sur l’amour pour un homme beaucoup plus jeune. Cette méditation suprême sur le vieillissement et le passage du temps restera l’éloquent choix d’un adieu à trois décennies de votre vie de soprano.


Eugène Onéguine de Tchaïkovski à Bastille

La quintessence de l’âme russe

Peter Mattei (Onéguine) et Anna Netrebko (Tatiana)
© Guergana Damianova /OnP
20 mai 2017 : Deux artistes magnétiques viennent d’incendier les cœurs sensibles à l’Opéra Bastille. Anna Netrebko et Peter Mattei, Tatiana et Eugène, incarnent la double perfection dramatique et vocale. 
Exploration mélancolique d’un amour malheureux, Eugène Onéguine est une œuvre qui touche profondément, sur le temps qui passe inexorablement et les rendez-vous manqués avec nous-mêmes.

Dans un décor unique et intemporel, la magie de l’émotion opère grâce à ces deux interprètes et à la puissance de cette musique. La conception minimaliste de Willy Decker focalise notre regard sur eux. Nous sommes au plus près de l’intensité de leurs émotions, de leur intériorité - évolution de l’une et involution de l’autre -, de la dramaturgie de cette histoire d’amour vécue à l’envers. Les autres personnages s’évanouissent dans la mort ou dans l’oubli, tels Lenski ou Olga.

Et la musique de Tchaïkovski qui étreint. Mélange de doux lyrisme, de pathétique, de mélancolie et de poésie, le génie du compositeur est d’avoir réussi à exprimer par sa musique le secret des cœurs et la profondeur des sentiments.

La Fille de neige de Rimski-Korsakov à Bastille

A fondre de plaisir

27 avril 2017 : La Fille de neige, une petite merveille lyrique qui fait son entrée à l’Opéra de Paris. C’est donc totalement pur comme neige que l’on découvre cet opéra riche de mélodies de la culture populaire russe. On assiste à une fête joyeuse peuplée de personnages de conte qui accompagnent chaque enfant en Russie. 
La musique  de Rimski-Korsakov est pleine d’imagination, d’émotion et de mélancolie. On ressort pieds ailés de ce spectacle où l’âme russe d’essence tendre et généreuse s’unit au culte de la nature.
Une nouvelle production de Dmitri Tcherniakov qui a enchanté les spectateurs de Bastille. Le chant du beau berger Lel fait fondre le cœur des filles, la fille de neige succombe au premier rayon de soleil et le public fond de plaisir sous l’effet de la grâce de la musique et de ses interprètes.
On est sous le charme d’Aida Garifullina qui faits ses débuts à l'Opéra de Paris. Silhouette gracile, teint de porcelaine, sensibilité du jeu, la jeune soprano russe est lumineuse de timbre et de fraîcheur. Une belle découverte à suivre. Comme le contre-ténor Yurly Mynenko et ses aigus veloutés ensorcelants, dans le rôle de Lel, androgyne et pure émanation de la nature. Dans le rôle de la fiancée éconduite Koupava, Martina Serafin est remarquable de présence scénique. Impact d’une voix voluptueuse aux aigus tranchant, elle s’épanouit dan ce rôle qui lui convient à merveille. 

"L'Opéra", côté coulisses

Captivant documentaire sur l'Opéra de Paris

Les passionnés d'art lyrique, comme moi-même, seront enthousiasmés, séduits et émus. Tous ceux qui voient cet art de plus loin devraient sentir poindre une passion naissante. 

Le film s’ouvre dans la plénitude absolue de l’ouverture des Maîtres Chanteurs de Nuremberg dirigé par Philippe Jordan, Directeur musical de l’institution. Il se terminera par le plus beau des chants du jeune artiste Walther, symbole de l’apport des Maîtres qui initient aux règles de l’art. Comme une ellipse pour résumer cette chronique des jours heureux et malheureux des acteurs d’une production lyrique. 

Pendant deux - trop courtes - heures qui filent avec bonheur, le cinéaste sonde les visages et explore les échanges "ordinaires", témoignant de l’intensité du quotidien de tous les protagonistes. Aucun commentaire, le lyrisme de la musique omniprésente et l’authenticité des échanges volés alimentent notre fascination.

Andrea Chénier au Bayerische Staatsoper

Anna Harteros (Madeleine de Coigny), Jonas Kaufmann (Andrea Chénier)
Photos © Wilfried Hösl / BSO
Bouquet final !

7 avril 2017 : Magnifique spectacle consacré par le talent d’artistes d’une classe folle. Un débordement d’enthousiasme a couronné cette dernière représentation d’Andrea Chénier au Bayerische Staatsoper. Interminables rappels, joie exaltée des chanteurs, ferveur des spectateurs reconnaissant le prix de tels trésors.

Jonas Kaufmann, Anja Harteros et Luca Salsi, trois voix exemplaires modelées par la sensibilité qui se coulent dans désir, peur et courage irrigant cet opéra. Magie de cet ouvrage vériste qui leur permet d’offrir une générosité sans limites.