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Saison 2019-20 au Metropolitan Opera

Lever de rideaux 

26 février 2019
Le Metropolitan Opera de New-York ouvre les annonces de la prochaine saison 2019-20 avec cinq nouvelles productions. C'est la 14ème saison de Peter Gelb, son Directeur général et la seconde de Yannick Nézet-Séguin, son Directeur musical. 

Ouverture en septembre avec l’opéra américain Porgy and Bess de Gerswhin avec Eric Owens et Angel Blue, Wozzeck de Berg, mettant en vedette Peter Mattei et Elza van den Heever, Akhnaten de Philip Glass qui fait son entrée au répertoire du Met, comme Agrippina de Haendel avec Joyce DiDonato. Enfin, Le Vaisseau fantôme de Wagner avec Bryn Terfel et Anja Kampe, dans une mise en scène de François Girard, créateur du sublime Parsifal de 2013.

Jonas Kaufmann et Juan Diego Florez absents mais Anna Netrebko super-star : unie à Placido Domingo dans Macbeth de Verdi, reprise de Tosca de Puccini et Gala du Nouvel célébré avec Puccini.

Luisa Miller de Verdi au Metropolitan Opera

Coup de coeur !

Plácido Domingo et Sonya Yoncheva ©Chris Lee / Met 

15 avril 2018 : Une belle soirée de retransmission d’opéra comme on les aime : le génie de Verdi, des voix de caractère, une tragédie déchirante sur l’amour paternel, un père et sa fille désarmés et désarmant dans un monde hostile, un opéra aux vertus authentiques, vocalement et musicalement.

Luisa Miller, opéra rarement joué, recèle de mélodies passionnées et d’admirables moments de lyrisme. Un 1er acte belcantiste avec ses airs bondissantes, un 2ème qui s’assombrit avec le plaidoyer de Luisa et le duo pour deux basses (Alexander Vonogradov et Dmitry Belosselskiy). Dans l’acte final digne d’un Otello avant l’heure, Verdi soigne les derniers duos père-fille et amants dans une explosion émotionnelle qui nous laisse totalement désarmés…et enchantés. 

Plácido Domingo, Sonya Yoncheva, Piotr Beczala, les voix ont régné en maître répondant aux exigences des rôles avec grâce et émotion, une première fois pour chacun.

Saison 2018-19 au Metropolitan Opera

L’abonnement premières loges est ouvert

25 février 2018 : Chaque année, les fidèles de ces retransmissions découvrent le programme de la nouvelle saison Live HD avec beaucoup d’enthousiasme, le Metropolitan Opera élisant nouvelles productions et plus grandes stars.
Sur les 29 opéras de la saison, les 4 nouvelles productions et 4 opéras en français sont au programme.   

Après plusieurs saisons d’absence, Jonas Kaufmann revient en bandit du Golden West et Juan Diego Flórez chante Alfredo Germont pour la première fois. 
Anna Netrebko chante Aïda (après sa prise de rôle à Salzbourg en 2017) puis Adriana Lecouvreur dans l’élégante production londonienne de David McVicar. 
La Tétralogie de Wagner dirigée par Philippe Jordan, la production de Robert Lepage. Yannick Nézet-Séguin succède à James Levine à la Direction musicale du Met.

Mais aussi Roberto Alagna, Elina Garanca, Diana Damrau, Piotr Beczala, Anita Rachvelishvili, Clémentine Margaine, Pretty Yende,...


Renée Fleming fait ses adieux à la scène


Le 13 mai dernier, Renée Fleming chantait ses adieux à la Maréchale sur la scène du Metropolitan Opera
Son dernier Chevalier à la Rose, une nouvelle production de Robert Carsen, et un public ému. 

Chère Renée Fleming
Même si vous faites savoir à tous les dévots à votre voix partout dans le monde que vous n’êtes pas prête pour la retraite, permettez-moi de me joindre au concert de soupirs pour votre dernière apparition dans un opéra. 
Dans cet opéra de Richard Strauss, la Maréchale est une femme belle que la maturité et la sagesse empêchent de s’illusionner sur l’amour pour un homme beaucoup plus jeune. Cette méditation suprême sur le vieillissement et le passage du temps restera l’éloquent choix d’un adieu à trois décennies de votre vie de soprano.


Saison 2017-18 au Metropolitan Opera

Temps forts, stars et co-productions

16 février 2017: Cinq nouvelles productions verront le jour à New-York lors de la prochaine saison 2017-18 du Metropolitan Opera qui comptera 26 opéras pour 220 représentations.

La saison s'ouvre sur Norma de Bellini confiée à Sir David McVicar avec Sondra Radvanovsky dans un des ses rôles fétiches, face à Joyce DiDonato en Adalgisa et Joseph Calleja en Pollione.

Puis la première nord-américaine de L’Ange Exterminateur de Thomas Adès, basée sur le scénario surréaliste de Luis Buñuel dans la production Tom Cairns pour Salzbourg en 2016.

Sir David McVicar sera très occupé à New-York puisqu’il mettra de nouveau tout son talent au service de Tosca de Puccini. Un Nouvel An très chaud réunissant trois tempéraments artistiques : Jonas Kaufmann, Kristine Opolais et Bryn Terfel. Puis plus tard, d’autres tonalités avec Anna Netrebko pour sa première Floria Tosca au Met, Marcelo Álvarez et Michael Volle.

Saison 2016-17 au Metropolitan Opera


18 février 2016 : Peter Gelb vient d'annoncer la nouvelle saison du Metropolitan Opera de New-York.
26 opéras dont 6 nouvelles productions composent cette nouvelle saison. Tristan et Isolde ouvrira la saison, suivi de Guillaume Tell, Roméo et Juliette, Rusalka et Le Chevalier à la Rose. Et, pour la première fois au Met, L'Amour de loin de Kaija Saariaho, compositrice finlandaise.

La saison propose 20 ouvrages de répertoire, de Mozart à Janacek, embellis de distributions de stars : Netrebko, Stemme, Damrau, Fleming, Garanca, Opolais, Yoncheva, Peretyatko, Pieczonka, Koch et Finley, Domingo, Alagna, Beczala, Alvarez, Grigolo, Hymel, Vogt, Abdrazakov. Une absence remarquée, celle de Jonas Kaufmann. Et Juan Diego Florez concède seulement un gala.

Les stars internationales du Met se réuniront en mai pour célébrer les 50 ans de l’institution au Lincoln Center. 
Ce sera la 40ème année au Met de son directeur musical James Levine (72 ans), qui dirigera des pièces majeures malgré ses problèmes de santé.
Les prix des billets restent inchangé, voire se réduit sous forme de billets "Rush" délivrés en dernière minute ou de "Vendredi pour les moins de 40 ans" à $60 ou $100.
"Live in HD" mettra en vedette 10 retransmissions à partir du 8 Octobre, ce sera la 11e année de diffusion et la 100e de la série avec Tristan et Isolde

La Donna del Lago de Rossini au Met

Flórez et DiDonato mettent le feu au lac

Juan Diego Florez et Joyce DiDonato
La Donna del Lago
© Ken Howard / Met 
21 mars 2015 : Lorsque Rossini compose La Donna del Lago en 1819, il laisse derrière lui les opéras bouffes qui l’ont hissé au pinacle des jeunes compositeurs italiens. Il découvre The Lady of the Lake, le poème de Walter Scott qui lui inspire une nouvelle veine créatrice teintée de romantisme. Il n’a que 27 ans et c’est une étape importante dans son style. Une beauté singulière traverse cet opéra avec une nouvelle manière de fondre des harmonies romantiques dans son éloquence belcantiste.

Lors de la création à Naples, les interprètes durent pardonner à Rossini les vocalises et ornements en batteries qu’il avait écrit pour eux car c’étaient les meilleurs chanteurs de leur génération. L’opéra vient de faire son entrée sur la scène du Metropolitan Opera avec une distribution stellaire reconstituée : Joyce DiDonato, Juan Diego Flórez et Daniela Barcellona, trio de solistes éblouissants en symbiose, déjà ovationné à Londres, Milan et Paris. L’opéra au romantisme naissant de Rossini était retransmis dans les cinémas du monde entier le 14 mars.

Saison 2015-16 du Metropolitan Opera


28 février 2015 : Le Metropolitan Opera de New York vient d’annoncer le programme de la saison 2015-16. Six nouvelles productions, des voix envoûtantes et une nuée de grands rôles de soprano. 
Jonas Kaufmann et Kristine Opolais, inséparables dans Manon Lescaut, sous l'oeil de Richard Eyre (coproduction avec Baden-Baden). 
Sonya Yoncheva et son ascension fulgurante, dans le rôle de Desdémone et les biceps d’Aleksandrs Antonenko dans Otello qui ouvrira la saison. 
Sondra Radvanovsky incarne les trois Reines Tudor de la trilogie de Donizetti : Roberto Devereux pour la première fois à New York et produit par David McVicar, mais aussi Anna Bolena et Maria Stuarda.
Les Pêcheurs de Perles de Bizet, jamais donné à New York depuis 100 ans (avec à l'époque Enrico Caruso) avec Diana Damrau, Lulu de Berg et l’Elektra de Strauss de Patrice Chéreau avec Nina Stemme dans le rôle-titre.

Iolanta & Le Château du prince Barbe-Bleue à New-York

Ombre et lumière

Anna Netrebko (Iolanta) et Nadja Michael (Judith)

23 février 2015 : Deux opéras en un acte rarement joués, une distribution qui frise l’idéal vocal et dramatique et une mise en scène qui captive immédiatement. 

Le Metropolitan Opera invite au voyage poétique et psychanalytique avec Iolanta, l’éveil psychologique d’une princesse aveugle, l’ultime opéra de Piotr Ilitch Tchaïkovski, et Le Château du prince Barbe-Bleue, l’unique opéra de Béla Bartok, dans lequel la jeune mariée Judith veut déverrouiller sept portes pour découvrir les sombres secrets de son mari.

Enveloppée d’une esthétique de films noirs peuplés d’héroïnes hitchcockiennes, cette double production du metteur en scène polonais Mariusz Trelinski est l’une des plus fortes et troublantes de la saison new-yorkaise. Une proximité musicale audacieuse et réussie avec d’un côté, le lyrisme et le romantisme de Tchaïkovski, et de l’autre, l’écriture moderniste de Bartok soulignant chaque frisson. Anna Netrebko, Piotr Beczala, Nadja Michael et Mikhail Petrenko comblent ce spectacle d’un très haut niveau de chant et d’investissement dramatique sous la baguette de Valery Gergiev.

Macbeth de Verdi au Met

Le sang dans les veines d'Anna Netrebko

Anna Netrebko et Zeljko Lucic
© Marty Sohl/Metropolitan Opera
13 octobre 2014 : Le Metropolitan Opera de New York vient d'ouvrir la septième saison de diffusion mondiale avec Macbeth de Verdi. L’occasion pour le public de découvrir cette production de 2007 d’Adrian Noble, le metteur en scène britannique qui fût longtemps Directeur artistique de la Royal Shakespeare Company. Fasciné par l’univers fantastique du grand Will, Verdi trouve la source de son inspiration dans la mystique écossaise du XIe siècle.  

Macbeth, c’est l’histoire de la frénésie meurtrière d’un couple avide de pouvoir, deux psychopathes dans leurs délires dirait aujourd’hui la psychiatrie. C’est aussi le seul opéra de Verdi dénué de toute histoire d’amour. Dans un clair-obscur oppressant, on assiste à la lente descente aux enfers du couple assassin. Un plateau prestigieux nous entraîne dans ce thriller gothique, amplement dominé par la stupéfiante Lady Macbeth d’Anna Netrebko, au côté de Zeljko Lucic dans le rôle-titre.

La saison 2014-15 en numérique HD

© Wiener Staatsoper
L’Opéra à domicile

9 septembre 2014 : Depuis quelques années, les plus grandes maisons lyriques se rapprochent des mélomanes du monde entier via les salles de cinéma et le web. 

A New York, le Metropolitan Opera a été le premier à diffuser ses opéras en direct et en haute définition à partir de 2006. Depuis, cette salle mythique attire en moyenne de 225 000 à 250 000 spectateurs lors des diffusions dans 2000 salles de cinémas réparties dans 64 pays.
Le Royal Opera House de Londres a suivi en 2009, étoffant régulièrement son réseau international pour atteindre près de 1000 salles actuellement. 
L’Opéra de Paris a emboité le pas en réservant la diffusion de 4 à 5 nouvelles productions aux salles UGC. Les opéras de Munich, Vienne et Bruxelles proposent le live streaming de leurs spectacles.

La Cenerentola de Rossini au Met

Hymne à la joie 

Joyce DiDonato, irrésistible Cenerentola
© Ken Koward / Metropolitan Opera
14 mai 2014: La saison des retransmissions 2013-14 du Metropolitan Opera de New York s’est terminée sur La Cenerentola de Gioacchino Rossini inspirée du célèbre conte de fées. Rien n’est plus jubilatoire que Rossini au paroxysme de son inspiration dans un irrésistible tourbillon rythmique. 
Une soirée illuminée par deux icônes actuelles du bel canto: Joyce DiDonato et Juan Diego Flórez. Et le Met ne pouvait pas trouver mieux comme partenaires: Alessandro Corbelli, Luca Pisaroni et Pietro Spagnoli. Rossini a le don de faire naître l’humour de sa musique et on perçoit que les chanteurs prennent beaucoup de plaisir dans cette mise en scène qui pétille. Efficacité mécanique, gaîté communicative et ivresse du chant.

Composée en trois semaines par un jeune Rossini de 25 ans, La Cenerentola brille par ses exquises ornementations, expression musicale d’une joie quasi incontrôlable. Mais c’est aussi un chef d’œuvre de grande originalité reposant sur un savant mélange de comédie, romantisme et bons sentiments. Longtemps éclipsé au profit du Barbier de Séville composé un an avant, cet ouvrage s’est finalement imposé comme une des plus belles partitions du compositeur.

Werther de Massenet au Met

Le passé recomposé

Jonas Kaufmann et Sophie Koch
©Ken Howard / Met
17 mars 2014: Quatre ans après le Werther d’anthologie de l’Opéra de Paris, Jonas Kaufmann et Sophie Koch reforment le couple d’amants malheureux et incroyablement beaux sur la scène du Metropolitan Opera de New York. La nouvelle production de Richard Eyre transpose l’argument au XIXe siècle de Massenet, autres temps tout aussi romantiques que le XVIIIe siècle de Goethe. Avant de découvrir cette nouvelle production, on repense à leur prise de rôle miraculeuse à Bastille, cette soirée où la tension dramatique s’inscrivit puissamment dans notre mémoire émotionnelle. Pour revivre une telle intensité, la barre est haute et de toute évidence, les interprètes n’échapperaient pas aux comparaisons. On imagine même leurs pensées secrètes pendant les répétitions avec une impression de remise en jeu de leur titre olympique !

Et pourtant, quel enchantement musical et quel bonheur de retrouver ce couple légendaire animé de la même passion, capable une fois de plus de nous emporter dans un crescendo lyrique d’une beauté sidérante. La preuve qu’on peut faire confiance aux grands talents pour nous surprendre encore et encore dans leur capacité à se renouveler et à nous enchanter.

Le Prince Igor de Borodine au Met

Les Champs de pavots du Prince Ildar

Ildar Abdrazakov en Prince Igor 
©Cory Weaver/Metropolitan Opera
9 mars 2014 : C’est le grand retour du Prince Igor au Metropolitan Opera de New York après près d’un siècle d’absence. Cet ouvrage d’Alexandre Borodine retrace la fondation de la nation russe au XIIe siècle. 
La nouvelle production de Dmitri Tcherniakov explore l’esprit tourmenté du prince déchu dans un voyage intérieur saisissant. Le metteur en scène russe est connu pour son penchant pour la transgression assaisonnée d’invraisemblances ou de fantaisies agaçantes. On se souvient de la récente Traviata de la Scala en décembre dernier qui a divisé le public milanais, ou encore ses jeux de rôle freudiens du Trouvère bruxellois en 2012 et son Don Giovanni dérangeant d’Aix en 2010.

Pour ce Prince Igor, pas de détour ni de subversion mais une mise en scène captivante et magnifique. Très inspiré par l’histoire russe, Tcherniakov signe ce spectacle où chanteurs et chœurs nous font vivre un superbe moment de théâtre. Une réussite artistique sur tous les plans : décors, costumes, direction d’acteurs et mouvements de scène. Côté interprétation, une distribution de grande qualité – en majorité russophone - avec le rôle-titre interprété par la basse russe Ildar Abdrazakov dont la profondeur abyssale et expressive de la voix donne des frissons. Alternant lyrisme russe raffiné et explosions orchestrales brillantes, l’écriture riche de Borodine charme et captive sans faiblir.

Saison 2014-15 du Metropolitan Opera

Six nouvelles productions et des étoiles en nombre

© Metropolitan Opera
13 février 2014 : La saison 2014-15 du Metropolitan Opera de New York vient d’être dévoilée. On découvre 26 opéras, 6 nouvelles productions et 18 reprises alignant une kyrielle de grands talents : chanteurs, chefs d'orchestre et artistes de théâtre. L’institution lyrique a planifié un mélange de classiques du répertoire et d’ouvrages plus rares, ceci afin de satisfaire aussi bien les habitués que les nouveaux arrivants ou même les amateurs d’expérience musicale.

Cette saison affiche six nouvelles productions très appétissantes, le record de ces dernières années. Toutes les plus belles voix du monde seront sur scène dans un manège de représentations plus alléchantes les unes que les autres. Une saison riche et stimulante qui donne vraiment envie de déménager outre-Atlantique.

Rusalka au Met de New York

Sirène de la renommée

Renée Fleming
10 février 2014 : Rusalka est un conte lyrique qui réussit à nous émerveiller de bout en bout par la beauté de sa ligne mélodique. La dernière diffusion Live in HD du Met a permis de redécouvrir cet ouvrage dans la mise en scène d’Otto Schenk de 1993, fidélissime au livret. Pas d’allégorie ni de lecture psychanalytique mais un réalisme kitch un peu périmé.

Renée Fleming incarne cette nymphe des eaux qui passe des froides profondeurs bleutées de son étang au feu de la passion muette, un rôle-titre qui occupe une place importante dans sa carrière. Le ténor polonais Piotr Beczala campe un prince charmant tour à tour passionné et malheureux.

Rusalka est un merveilleux opéra au lyrisme délicat où éclate le génie mélodique d’Anton Dvorak. C’est le seul ouvrage du compositeur qui a trouvé sa place dans le répertoire des maisons lyriques internationales. Grand admirateur du romantisme allemand, il s’est inspiré des harmonies wagnériennes qui installent une atmosphère mystérieuse et mélancolique mais aussi tendre et voluptueuse. Le somptueux "Chant à la lune" est un moment de pur ravissement pour succomber à la voix enchanteresse de la sirène Renée Fleming.

Eugène Onéguine au MET

L’âme russe mise à nu
 
Anna Netrebko (Tatiana) et Mariusz Kwiecien (Onéguine)
7 octobre 2013 : La saison du Metropolitan Opera de New York a ouvert sur une superbe nouvelle production d’Eugène Onéguine de Tchaïkovski. 
Une musique bouleversante, une distribution magnifique et une mise en scène ciselée pour cette grande tragédie romantique de la Russie à la fin du XIXe siècle, inspirée du roman de Pouchkine. 
Sous nos yeux, les destins s’entrelacent douloureusement, créant une tension dramatique immédiate. Car cette production enchante par la qualité du chant mais aussi par une direction d’acteurs rarement égalée. Totalement investis dans leurs personnages, Anna Netrebko, Mariusz Kwiecien et Piotr Beczala sont stupéfiants d’intensité et d’émotion.

Les tableaux d’une beauté absolue sortis d’une œuvre d’Anton Tchekhov s’enchaînent dans une admirable fluidité. Elégance des décors réalistes, lumières somptueuses et superbes costumes d’époque, la mise en scène de Deborah Warner captive par sa poésie et sa sensibilité. La direction musicale de Valery Gergiev introduit une dimension à la fois subtile et tourmentée. 

Cycle de musique du Louvre

Une saison avec le Metropolitan Opera

29 juillet 2013: Depuis 2008, le Louvre organise des retransmissions d’opéra en direct ou d’archives dans son auditorium. Ce cycle a été inauguré avec la soirée d’ouverture de la Scala de Milan le 7 décembre et c’était la première retransmission live du temple de l’art lyrique. Don Carlo de Verdi dirigé par Daniel Barenboïm était retransmis dans l’Auditorium du Louvre, et sur Arte. 
Cette soirée fût le prélude à d’autres partenariats annuels: l’Opéra de Paris, l’Opéra de Vienne, le Royal Opera House de Londres et cette année le Metropolitan Opera de New York.

Depuis la Première numérique du Met en 2006, un vent nouveau souffle sur les institutions de l’art lyrique pressées par la nécessité économique de toucher d’autres publics. Les progrès technologiques les y ont incitées et l’opéra en direct au cinéma ou sur le net est devenu presque banal. Tous ces vecteurs de diffusion grand public jouent un rôle décisif dans l’approche de l’art lyrique et en démultiplie l’audience. En quittant notre loge de velours rouge la tête dans les étoiles, nous pouvons désormais espérer la sortie d’un DVD pour revivre ces instants magiques.

Le Metropolitan Opera revient au cinéma

Eugène Onéguine avec Mariusz Kwiecien & Anna Netrebko
Photo Lee Bromfield/Metropolitan Opera

New York en direct : Pour la 6ème année consécutive, le MET renouvelle les diffusions en HD dans les salles de cinéma Gaumont Pathé. Le programme de la saison 2013-2014 propose dix opéras dont quatre nouvelles productions. 

La signature du MET, ce sont des distributions qui affichent les plus grandes voix de la planète lyrique, et dans une même soirée ! Cette année, cinq productions devraient tenir leur promesse: Eugène Onéguine, Werther, Rusalka, Le Prince Igor et La Cenerentola

Parsifal au Metropolitan Opera de New York

Hors du temps et de l'espace

Prise de rôle de Jonas Kaufmann dans Parsifal au MET
Photo Ken Howard / Metropolitan Opera
Parsifal est un œuvre forte qui transporte dès les premières mesures. C'est sans doute l'une des plus belles musiques, un opéra riche de sens qui fait écho à la spiritualité de chacun.

Décrypter Parsifal est très hasardeux et je laisse cette prérogative aux experts. Comme spectatrice de la mise en scène de François Girard et admiratrice de l’œuvre, il est ici question de mon propre ressenti à cette représentation de mars 2013 à New York.

La distribution du Metropolitan Opera était purement inconcevable dans nos rêves les plus fous. Jonas Kaufmann est un très grand Parsifal et son incarnation est stupéfiante. René Pape est un Gurnemanz plein d’humanité. Peter Mattei  est un poignant Amfortas dont la souffrance magnifiquement exprimée résonnera longtemps dans le cœur des spectateurs.  Katarina Dalayman est une Kundry convaincante dans ce personnage aux multiples facettes.