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Spécial Noël

Idées cadeaux 100% lyriques

Si certains d'entre vous sont toujours en panne d'inspiration pour les cadeaux à offrir à la famille et aux amis, un bon CD ou DVD reste encore une valeur sûre. 
Stop aux cadeaux inutiles, encombrants, pas vraiment réfléchis ni adaptés, pensez au destinataire du cadeau, à ses passions et à ses centres d’intérêt. Au moment de l’offrir, parlez de votre cadeau à celui qui le reçoit, cela l’aidera à apprécier encore plus ce présent sur mesure !
Voici quelques suggestions de CD et DVD d’opéra parus en 2014 qui ont séduit les mélomanes. Une sélection garantie sans prise de risque. 

Dialogues des Carmélites de Poulenc au TCE

Touchées par la grâce

Rosalind Plowright (Madame de Croissy)
et Patricia Petibon (Blanche de la Force
15 décembre 2013 : 
Le Théâtre des Champs Elysées présente une production marquante des Dialogues des Carmélites de Francis Poulenc
Ce chef-d’œuvre lyrique du compositeur a été joué dans de nombreux théâtres lyriques français  en 2013, célébrant ainsi le cinquantenaire de sa disparition. Très inspiré par la résonance spirituelle de l’œuvre, Olivier Py signe une mise en scène fascinante de pureté, un dénuement scénique monacal et de sublimes lumières qui décuplent la beauté des douze tableaux de l’opéra.

Cette tragédie théologique est inspirée de l’histoire réelle des Carmélites de Compiègne qui furent arrêtées puis guillotinées pour "conspiration" en 1794. Le mystère de la foi comme argument d’opéra, de quoi constituer un réel défi pour un compositeur. La réussite est totale, mêlant l’adaptation ingénieuse du texte de Georges Bernanos à la richesse de sa partition musicale, une écriture "follement vocale", passant du récitatif intimiste au lyrisme bouleversant. La puissance émotionnelle de la musique de Poulenc est portée par un plateau vocal prestigieux composé des plus belles voix françaises.

Il Trovatore de Verdi à Munich

Reprise enflammée

29 novembre 2013 : Après l’excitation de la découverte de la nouvelle production de Il Trovatore de Verdi au Bayerische Staatsoper de Munich en juin dernier, c’est dans un quasi silence médiatique que quatre nouvelles représentations ont été données en novembre. Pourtant, cette saison d’automne fût prise d’assaut par le public éconduit lors du festival d’été. Aimantés en masse vers l’opéra bavarois, les lyricomanes se réjouissaient de découvrir à leur tour Jonas Kaufmann incarnant son premier Manrico.

La production confiée à Olivier Py exhale le souffle verdien dans une noirceur à la fois diabolique et tragique. Le drame, le théâtre et la musique fusionnent à chaque instant, sublimés par la scénographie et les lumières de Pierre-André Weitz, le complice artistique. Le lyrique metteur en scène adore le mélodrame et sa vision dantesque de l’œuvre est en totale cohérence avec la substance sordide du livret. Le spectacle est porté par la conjonction des talents de Jonas Kaufmann et Olivier Py dont la vitalité inspiratrice partagée nous offre une de ces productions fascinantes que l’on n’oublie pas.

Aïda de Verdi à l’Opéra de Paris

Céleste et universelle
Marcelo Alvarez (Radames) & Roberto Scandiuzzi (Ramfis)

17 novembre 2013 : Aïda de Verdi, l’opéra égyptien chéri des théâtres antiques revient à l’Opéra de Paris après quarante cinq ans d’absence. On était impatient de découvrir la vision du metteur en scène et poète Olivier Py car tous les espoirs de "peau neuve" étaient permis. Dès le début, on est séduit et captivé par son interprétation de l’œuvre car cette nouvelle production apporte un nouvel éclairage. Visuellement et musicalement magistrale, cette Aïda réapparaît dans toute sa splendeur, notamment dans les passages intimistes, comme revigorée par la lecture du créatif.

Olivier Py
© Corinne Bellaiche
Pour Olivier Py, chaque œuvre invente un théâtre. En analysant le livret, il conclut que l’Egyptologie peut être évincée sans dénaturer les intentions de Verdi. Tout en respectant l’esprit guerrier et politique de l’œuvre, le metteur en scène opère une percutante transposition du contexte historique. L’Egypte est devenue l’Autriche-Hongrie et l’Ethiopie l’Italie. Il y ajoute des ingrédients contemporains car le poids du pouvoir politique et l’extrémisme religieux sont universels et de toutes les époques. Et tout cela fonctionne merveilleusement bien. Les spectateurs sont totalement immergés dans la narration de l’histoire et dans la beauté des décors.
Musicalement, on est aux anges avec l’esprit de Verdi bien représenté. Sa force dramatique et sa puissance musicale sont magnifiquement restituées par le chef Philippe Jordan, les voix du chœur d’un grand raffinement et les solistes d’un très bon niveau.