Le Bayerische Staatsoper de Munich

En attendant le Trouvère (Acte 2)

Photo ©Bayerische Staatsoper
L’opéra de Munich s’écoute aussi avec le regard. Formes arrondies et strates harmonieuses de fauteuils roses, la salle est d’une beauté classique apaisante. Doté d’une acoustique remarquable, ce cadre élégant séduit le spectateur au premier regard. Des rangées de fauteuils à dominante rose dragée se démultiplient à l’infini dans un alignement parfait. La passion de l’opéra par les Allemands est restée intacte et il n’y a pas d’absents ni de retardataires comme à Paris !

Le parterre étant dépourvu de couloir central, il est nécessaire de faire se lever vingt personnes pour accéder à une place en milieu de rang. Toutefois, la tradition locale consiste à rester debout tant que ces spectateurs du milieu de rang ne sont pas arrivés. Le code vestimentaire est beaucoup plus strict qu’à Paris. Quelques tenues de soirée élégantes côtoient un classicisme vestimentaire qui domine. A l’entracte, il est conseillé d'aller déguster les très savoureuses et énergétiques pâtisseries allemandes, indispensables pour affronter les six heures de la Tétralogie d’un soir.

Jonas Kaufmann & Margarete Joswig
Photo 
©Bayerische Staatsoper
En août 2012, le Théâtre National de Munich a eu l’idée de procéder aux remplacements de ses fauteuils selon une formule originale. Ainsi, des spectateurs peuvent se porter  acquéreurs - à  hauteur de 300 à 1500 euros selon la catégorie  - et posséder un peu d’histoire de l’opéra. Une petite plaque portera le nom du parrain ou de la marraine pendant dix ans. Parmi les tout premiers parrains figurent le ténor munichois Jonas Kaufmann et son épouse Margarete Joswig, aux fauteuils 396 et 398 du dixième rang (très demandés à la réservation !). 

Et si vous ne savez pas où passer le nouvel an 2014, la dernière nouvelle production de la saison sera La Force du Destin de Verdi avec… Jonas Kaufmann, Anja Harteros et Ludovic Tézier, une excellente occasion de découvrir Munich et son noble opéra.

Le Bayerische Staatsoper propose chaque saison une programmation riche et éclectique, forte de nombreuses premières mondiales. Grâce à STAATSOPER.TV, il est le premier théâtre lyrique international à diffuser plusieurs opéras de la saison en live streaming sur son site.  Staatsoper.TV

Son histoire
Maximilien Ier de Bavière - le grand-père de "Sissi", l’impératrice Elisabeth d‘Autriche- fit ériger l’opéra de Munich en 1811. Sur la Max-Joseph Platz  devant l’opéra se dresse la statue de bronze du roi. A l’époque, l’architecte Karl von Fischer s’inspire du Théâtre de l’Odéon de Paris. L’opéra est inauguré en 1818 mais il est ravagé par un incendie cinq ans plus tard. Un nouveau théâtre est reconstruit à la même place.  

Sous le règne de Louis II de Bavière et jusqu’aux années 1900, Munich reste le principal lieu de diffusion des opéras de Wagner, en dépit de la concurrence estivale de Bayreuth. Des opéras prestigieux y furent créés, dont notamment quatre grandes œuvres de Wagner: Tristan et Isolde, les Maîtres Chanteurs de Nuremberg, l’Or du Rhin et La Walkyrie.

Le style néo-hellénique du Bayerische Staatsoper
et la statue de Maximilien Ier de Bavière
La façade actuelle de l'édifice est de style néo-hellénique et elle est  pratiquement celle de sa reconstruction. La salle en revanche subira de nombreux remaniements jusqu'à sa destruction complète, sous les bombes de la Seconde Guerre mondiale en 1943. Il faudra vingt ans et les plans originaux de Karl von Fischer pour reconstruire l’édifice néoclassique d’origine. Il sera inauguré le 22 novembre 1963 avec une représentation des Maîtres Chanteurs de Nuremberg  de Richard Wagner.

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